On reçoit régulièrement la même question de la part d’utilisateurs qui hésitent entre Windows 11 et Windows 10 : faut-il migrer maintenant ou attendre ? La réponse dépend moins de la date sur le calendrier que de la machine posée sur le bureau et des logiciels qui tournent dessus. Voici comment trancher selon votre configuration réelle.
Le verrou matériel TPM 2.0 : premier filtre avant toute décision
Avant de comparer les fonctionnalités, on commence par ouvrir le BIOS. Windows 11 exige une puce TPM 2.0 et un processeur compatible, ce qui élimine d’office une part significative du parc installé. Un PC acheté avant 2018 a de fortes chances de ne pas passer le test de compatibilité proposé par Microsoft.
Sur le terrain, la vérification prend deux minutes. Lancez la commande tpm.msc dans Windows. Si la version affichée est inférieure à 2.0, ou si aucun module n’est détecté, la question est réglée : Windows 10 reste votre système, sauf à changer de machine.
Pour les PC qui possèdent un TPM 2.0 désactivé dans le firmware, il suffit souvent d’activer l’option dans les réglages UEFI. Les retours varient sur ce point selon les fabricants de cartes mères, mais la manipulation reste accessible sans compétence avancée.

Windows 10 après la fin du support gratuit : le programme ESU change la donne
Le support gratuit de Windows 10 s’est terminé en octobre 2025. La fin du support ne signifie pas pour autant que le système devient inutilisable du jour au lendemain.
Microsoft propose un programme de mises à jour de sécurité étendues (ESU) pour les particuliers. Initialement prévu jusqu’en octobre 2026, ce programme a été prolongé jusqu’au 12 octobre 2027. Pour en bénéficier, votre PC doit tourner sous la version 22H2 de Windows 10 et être enrôlé via Windows Update.
Concrètement, si votre machine ne supporte pas Windows 11 et que vous l’utilisez pour de la bureautique et du web, rester sur Windows 10 avec ESU activé reste une option viable pendant encore plusieurs mois. Le coût est modeste (paiement unique ou activation via un compte Microsoft).
Microsoft 365 sur Windows 10 : couvert jusqu’en 2028
Les applications Office (Word, Excel, Outlook) intégrées à Microsoft 365 continuent de recevoir des mises à jour de sécurité sur Windows 10 jusqu’en 2028. Si votre usage tourne autour de la suite Office et d’un navigateur web, Windows 10 avec ESU couvre vos besoins de sécurité à moyen terme.
Windows 11 pour le gaming et la création : où le gain est réel
Sur une machine récente équipée d’un GPU de dernière génération, Windows 11 apporte des avantages concrets que Windows 10 ne peut pas offrir :
- DirectStorage permet au GPU de charger les assets de jeu directement depuis le SSD NVMe, réduisant sensiblement les temps de chargement sur les titres compatibles
- Auto HDR applique automatiquement un rendu HDR aux jeux DirectX 11 et 12, sans intervention du joueur ni patch du développeur
- Les Snap Layouts facilitent l’organisation des fenêtres sur des écrans larges ou des configurations multi-moniteurs, un gain de productivité réel pour le montage vidéo ou le streaming
Pour un joueur sur GPU récent ou un créateur de contenu qui jongle entre plusieurs applications lourdes, Windows 11 exploite mieux le matériel moderne. Le bénéfice n’est pas théorique, il se mesure au quotidien dans la fluidité de l’interface et la gestion mémoire.

Logiciels métier et périphériques anciens : le cas où Windows 10 reste le bon choix
On rencontre régulièrement des situations où la migration vers Windows 11 casse un outil de travail. Un logiciel de comptabilité qui ne tourne qu’en 32 bits, un scanner professionnel dont le pilote n’existe pas pour Windows 11, une application métier certifiée uniquement pour Windows 10 : ces cas sont fréquents dans les petites structures.
Le réflexe utile avant toute migration :
- Lister tous les logiciels utilisés au quotidien et vérifier leur compatibilité Windows 11 sur le site de l’éditeur
- Tester les périphériques (imprimantes, scanners, équipements USB spécialisés) en cherchant les pilotes Windows 11 disponibles
- Vérifier que les licences logicielles ne sont pas liées à une version spécifique du système d’exploitation
- Créer une image disque complète avant toute tentative de mise à niveau, pour pouvoir revenir en arrière
Si un seul outil critique de votre activité n’est pas compatible, rester sur Windows 10 protège votre productivité. La modernité de l’interface ne compense pas un logiciel métier inutilisable.
Sécurité Windows 11 : ce que le TPM 2.0 apporte concrètement
Windows 11 impose le TPM 2.0 pour une raison précise : le chiffrement matériel des données et le démarrage sécurisé (Secure Boot) sont activés par défaut. Sur Windows 10, ces protections existent mais restent souvent désactivées ou mal configurées.
Pour un usage professionnel où des données sensibles transitent sur le poste, Windows 11 Pro offre un socle de sécurité plus solide d’emblée. La protection renforcée contre l’hameçonnage via Microsoft Defender SmartScreen, l’authentification sans mot de passe avec Windows Hello, et le chiffrement BitLocker activé nativement forment un ensemble cohérent.
Sur un PC familial utilisé pour naviguer et regarder des vidéos, ce niveau de sécurité reste appréciable mais ne justifie pas à lui seul un changement de machine.
Le bon arbitrage selon votre profil
Un PC de moins de cinq ans compatible TPM 2.0, utilisé pour du gaming ou de la bureautique courante, gagne à passer sous Windows 11. Un poste plus ancien, dépendant de logiciels métier spécifiques ou de périphériques sans pilotes récents, fonctionne mieux sous Windows 10 avec le programme ESU activé.
Le choix entre Windows 11 et Windows 10 n’est pas une question de préférence. C’est un arbitrage technique entre compatibilité matérielle, logiciels installés et niveau de sécurité requis. Vérifiez votre TPM, testez vos applications, puis décidez en fonction des résultats.